Sais-tu ce qu'est le statut d'intermittent du spectacle ?
Tu travailles dans la musique, le théâtre, le cinéma ou la danse. Tu enchaînes les contrats courts, les sessions, les dates de concert. Et quelqu’un t’a déjà parlé du statut d’intermittent du spectacle — sans vraiment t’expliquer ce que c’est, comment ça marche, ni si tu y as droit.
Ce guide est fait pour toi. On va tout démonter : la règle des 507 heures, la différence entre l’annexe 8 et l’annexe 10, comment est calculée ton allocation, ce qu’est un cachet, pourquoi tes congés sont payés par une caisse spéciale, et toutes les erreurs qui coûtent des droits sans qu’on s’en rende compte. À la fin, tu auras une vision claire et complète du régime intermittent — et tu sauras exactement ce que tu peux toucher.
Qu’est-ce que l’intermittent du spectacle ?
Contrairement à ce qu’on entend souvent, l’intermittent du spectacle n’est pas un statut juridique. C’est un régime particulier d’assurance chômage, défini par deux annexes spécifiques à la convention d’assurance chômage : l’annexe 8 (techniciens et ouvriers) et l’annexe 10 (artistes interprètes).
Concrètement, un intermittent du spectacle est un salarié — il cotise, il a des droits à la retraite, il est couvert par la Sécurité sociale. Mais il ne travaille pas en CDI : il enchaîne des CDDU (Contrats à Durée Déterminée d’Usage), c’est-à-dire des contrats courts qui sont la norme dans le secteur du spectacle. Entre deux contrats, il est indemnisé par France Travail selon des règles propres à son régime.
Ce système existe depuis 1964 (annexe 8) et 1967 (annexe 10). Il reconnaît une réalité : dans le spectacle, l’emploi discontinu est la norme, pas l’exception. Un musicien ne peut pas avoir un CDI pour jouer à des concerts. Un comédien ne peut pas travailler 35 heures par semaine dans la même entreprise. Le régime intermittent compense structurellement cette discontinuité.
À retenir : Tu n’es pas freelance, tu n’es pas auto-entrepreneur. Tu es salarié — avec tous les avantages que ça implique (sécu, retraite, congés payés, chômage) — mais sous un régime adapté à la réalité du secteur culturel.
En France, environ 120 000 personnes sont indemnisées chaque année sous ce régime. La gestion est assurée par France Travail Spectacle (ex-Pôle Emploi Spectacle), une branche dédiée de France Travail avec des conseillers spécialisés.
Annexe 8 et annexe 10 : la distinction fondamentale
C’est la première question à se poser : de quelle annexe relèves-tu ? Ce n’est pas une question de talent ou de niveau — c’est une question de rôle sur le contrat de travail.
L’annexe 8 — Techniciens et ouvriers du spectacle
L’annexe 8 couvre tous les professionnels techniques qui contribuent à la réalisation d’un spectacle, d’un film ou d’une production musicale : ingénieurs du son, régisseurs, machinistes, éclairagistes, monteurs, costumiers, etc.
Ils sont rémunérés à l’heure. Leur seuil d’accès est de 507 heures réelles sur 365 jours.
L’annexe 10 — Artistes interprètes
L’annexe 10 couvre les artistes : chanteurs, musiciens, comédiens, danseurs, choristes, et depuis 2016 les réalisateurs. Ils sont rémunérés au cachet (voir section dédiée). Leur seuil est de 43 cachets minimum (1 cachet = 12 heures, soit 516 heures).
Comparatif
| Critère | Annexe 8 | Annexe 10 |
|---|---|---|
| Profil | Techniciens et ouvriers | Artistes interprètes |
| Mode de rémunération | Heures réelles | Cachets (12h/cachet) |
| Seuil d’accès | 507 heures | 43 cachets (≈ 516h) |
| Allocation min/jour (brut) | 38 € | 44 € |
| Allocation max/jour (brut) | 174,80 € | 174,80 € |
| Plafond mensuel heures | 208h/mois | 28 cachets/mois |
À retenir : Ce n’est pas parce que tu joues de la musique que tu relèves forcément de l’annexe 10. Si tu es technicien son sur une production, tu es annexe 8. Si tu es musicien interprète crédité sur la production, tu es annexe 10. Le rôle sur le contrat prime.
Quels métiers sont concernés ?
Annexe 10 — Artistes
- Chanteurs et chanteuses (solistes, choristes, backing vocals)
- Musiciens (guitariste, batteur, claviériste, bassiste, etc.)
- Rappeurs et rappeuses
- Comédiens et comédiennes (théâtre, cinéma, doublage, voix-off)
- Danseurs et danseuses (classique, contemporaine, hip-hop, jazz)
- Artistes de cirque et acrobates
- Marionnettistes et performeurs
- Chefs d’orchestre et directeurs musicaux
- Chorégraphes (en tant qu’interprètes)
- Réalisateurs artistiques (depuis 2016)
- DJ et disc-jockeys (selon la nature de la prestation)
Annexe 8 — Techniciens et ouvriers
Son et image : Ingénieur son, cadreur, monteur, opérateur vidéo, perchman, étalonneur, technicien VFX
Lumière et structure : Éclairagiste, régisseur lumière, rigger, chef électricien plateau, technicien structure
Décors et costumes : Machiniste, accessoiriste, costumier, maquilleur, perruquier, scénographe, menuisier plateau
Régie et production : Régisseur général, régisseur de plateau, assistant régie, logisticien de tournée
Post-production : Monteur son/image, animateur 2D/3D, infographiste, truquiste
À retenir : Ton métier doit figurer dans la liste officielle reconnue par France Travail. L’intitulé exact sur ton contrat de travail et le code NAF de ton employeur sont déterminants pour la validation de tes heures.
La règle des 507 heures
C’est le cœur du régime. Pour ouvrir des droits en tant qu’intermittent du spectacle, tu dois justifier de 507 heures de travail dans les métiers du spectacle sur une période maximale de 365 jours. Cette période de 365 jours s’appelle la Période de Recherche d’Affiliation (PRA).
Comment la PRA est calculée
La PRA ne commence pas à la date d’inscription à France Travail. Elle est calculée en remontant à partir de la date de fin de ton dernier contrat éligible. Concrètement :
- France Travail identifie ton dernier CDDU en annexe 8 ou 10
- Il remonte 365 jours en arrière à partir de la fin de ce contrat
- Il comptabilise toutes les heures (ou cachets) réalisés sur cette fenêtre
Ce qui compte dans les 507 heures
En plus des heures de travail réelles, certaines périodes assimilées entrent dans le calcul :
- Formations professionnelles continues financées par un OPCO
- Congé maternité / paternité (sous conditions)
- Arrêts maladie (avec maintien du droit à l’assimilation)
- Enseignement artistique (sous conditions strictes)
Le cas de la démission d’un emploi au régime général
Si tu as démissionné d’un poste salarié classique (CDI, CDD au régime général) avant de basculer en intermittence, France Travail applique une règle de malus : tu dois justifier de 962 heures au lieu de 507 (507 + 455 supplémentaires). C’est une sanction pour démission volontaire.
| Situation | Heures requises |
|---|---|
| Cas standard | 507 heures |
| Après démission d’un emploi au régime général | 962 heures |
| Après une première admission sous le régime général | Vérification au cas par cas |
À retenir : Le timing de ton inscription à France Travail est crucial. Si tu t’inscris trop tôt ou trop tard, la PRA peut ne pas couvrir tes 507 heures, même si tu les as réellement effectuées. Anticipe et calcule avant d’aller t’inscrire.
Comment ouvrir tes droits
Étape 1 — Vérifier tes heures
Avant de t’inscrire, calcule : tu dois avoir 507 heures dans les 365 jours précédant ta dernière fin de contrat. Pour ça, récupère toutes tes attestations employeur mensuelles (AEM) ou demande à tes employeurs les déclarations via DSN.
Étape 2 — Identifier ta dernière date de fin de contrat
C’est cette date qui ancre ta PRA. Si tu attends trop longtemps après la fin de ton contrat pour t’inscrire, les heures anciennes sortiront de la fenêtre des 365 jours.
Étape 3 — S’inscrire à France Travail
Appelle le 39 49 ou inscris-toi en ligne sur francetravail.fr. Si tu es dans une grande ville, oriente-toi vers une agence France Travail Spectacle spécialisée (Paris : Saint-Denis, Lyon, Marseille, etc.). Les conseillers spécialisés spectacle connaissent le régime et traitent les dossiers plus vite.
Étape 4 — Fournir les justificatifs
- Tes contrats de travail (CDDU)
- Tes attestations employeur mensuelles (AEM) ou attestations de fin de contrat
- Justificatifs des heures assimilées si besoin (attestations de formation, arrêts de travail, etc.)
Étape 5 — Faire ton actualisation mensuelle
Chaque mois, tu dois déclarer ta situation (heures travaillées, revenus) à France Travail. Attention : oublier de déclarer des heures travaillées sur ton actualisation peut te faire perdre des droits à la réadmission.
La date anniversaire
Tes droits sont ouverts pour 12 mois maximum. À ta date anniversaire (12 mois après l’ouverture), France Travail vérifie que tu as accumulé 507 nouvelles heures dans les 12 mois précédents. Si oui, réadmission. Sinon, bascule au régime général.
Combien tu touches : le calcul de l’allocation
L’allocation journalière (AJ) est calculée selon une formule qui prend en compte à la fois tes revenus et ton volume d’heures travaillées. Ce n’est pas un forfait — c’est personnalisé.
La formule : AJ = A + B + C
La formule utilise trois composantes :
A — basée sur tes salaires (plus tu as gagné, plus A est élevé)
B — basée sur ton nombre d’heures travaillées (plus tu as travaillé, plus B est élevé)
C — une composante fixe propre à chaque annexe
Les valeurs de référence (2025)
| Paramètre | Valeur 2025 |
|---|---|
| Allocation journalière de référence (AJmin) | 31,96 €/jour |
| Plancher annexe 8 | 38 €/jour brut |
| Plancher annexe 10 | 44 €/jour brut |
| Plafond toutes annexes | 174,80 €/jour brut |
| Revalorisation au 1er juillet 2025 | +0,5 % |
Exemple concret
Une musicienne (annexe 10) ayant travaillé 600 heures et perçu 13 000 € de salaires bruts pendant sa période de référence touche environ 59 € nets par jour d’indemnisation. Sur une année pleine avec des périodes de travail intercalées, elle cumulera en moyenne entre 1 300 € et 1 400 € par mois (salaires + allocations).
À retenir : Plus tu travailles et plus tu gagnes, plus ton allocation est élevée — dans la limite du plafond. Le régime est conçu pour compléter tes revenus d’activité, pas pour les remplacer complètement.
Les franchises et le délai d’attente
Tes droits ne démarrent pas le lendemain de l’ouverture. Quatre mécanismes réduisent le nombre de jours réellement indemnisés.
1. Le délai d’attente — 7 jours fixes
À chaque ouverture ou réadmission de droits, 7 jours sont non indemnisés au départ. Exception : si tu es réadmis moins de 12 mois après ta précédente ouverture (et que le délai a déjà été appliqué), il n’est pas réappliqué.
2. La franchise congés payés
Calculée ainsi : jours travaillés × 2,5 ÷ 24, plafonnée à 30 jours calendaires. Elle est répartie sur les premiers mois : 2 jours/mois si le total est ≤ 24 jours, 3 jours/mois au-delà. Elle évite un double paiement entre France Travail et la Caisse des Congés Spectacles.
3. La franchise salaire
Proportionnelle à tes revenus pendant la période de référence. Plus tu as gagné, plus cette franchise est longue. Elle est répartie sur les 8 premiers mois d’indemnisation et n’est pas plafonnée.
4. Le différé spécifique
Concerne uniquement les indemnités supra-légales (rares dans les CDDU courts du spectacle). Plafonné à 75 jours.
En pratique
| Mécanisme | Durée typique |
|---|---|
| Délai d’attente | 7 jours |
| Franchise congés payés | 5 à 15 jours selon l’activité |
| Franchise salaire | 2 à 20 jours selon les revenus |
| Jours réellement indemnisés sur 12 mois | 330 à 350 jours |
À retenir : Sur 365 jours de droits, tu seras indemnisé en pratique environ 330 à 350 jours. Les franchises sont inévitables — mais elles s’épuisent et les derniers mois sont les plus “rentables”.
Le cachet : la spécificité des artistes
Si tu es artiste (annexe 10), tu n’es pas payé à l’heure — tu es payé au cachet. C’est un forfait de rémunération qui correspond à une prestation artistique, quelle que soit sa durée réelle.
Ce que vaut un cachet pour France Travail
Pour le calcul des droits, 1 cachet = 12 heures de travail. Peu importe que tu aies joué 2 heures ou 8 heures : le cachet vaut toujours 12 heures dans le décompte des 507 heures.
Tu peux recevoir plusieurs cachets le même jour auprès d’employeurs différents. C’est légal et fréquent pour les musiciens de studio ou les comédiens de doublage.
Nombre de cachets pour ouvrir les droits
43 cachets minimum = 43 × 12h = 516 heures (soit légèrement au-dessus du seuil théorique de 507h).
Montants minimaux du cachet (2025)
| Type de prestation | Montant minimum |
|---|---|
| Répétition (convention spectacle vivant) | à partir de 106,03 € |
| Représentation (convention spectacle vivant) | à partir de 159,05 € |
| Musicien SNAM (service de 3h) | à partir de 107,30 € |
À retenir : Pour les artistes, le cachet est à la fois l’unité de rémunération ET l’unité de comptage des droits. Un cachet mal libellé (mauvais intitulé de poste, mauvaise convention collective) peut ne pas être reconnu par France Travail. Vérifie systématiquement tes contrats.
Le cumul emploi-allocation
L’une des forces du régime intermittent est de permettre le cumul : tu peux travailler ET percevoir des allocations le même mois.
Comment fonctionne la déduction
France Travail ne supprime pas tes allocations les jours où tu travailles — il les réduit. Le calcul est basé sur les heures travaillées, pas sur les salaires :
- Annexe 8 : heures travaillées ÷ 8 × 1,4 = nombre de jours non indemnisés
- Annexe 10 : heures travaillées ÷ 10 × 1,34 = nombre de jours non indemnisés
Le plafond de cumul mensuel
Il existe un plafond au-delà duquel France Travail ne verse aucune allocation pour le mois concerné. En 2025, ce plafond est fixé à 1,18 × plafond de la Sécurité sociale mensuel, soit 4 325,88 € bruts/mois.
Si tes salaires du mois dépassent ce seuil, tu n’es pas indemnisé ce mois-là — mais tes droits continuent de courir.
| Paramètre | 2025 |
|---|---|
| Plafond de cumul mensuel | 4 325,88 € bruts |
| Formule de déduction annexe 8 | heures ÷ 8 × 1,4 |
| Formule de déduction annexe 10 | heures ÷ 10 × 1,34 |
À retenir : Environ 95 % des intermittents cumulent salaires et allocations au cours d’une même année. C’est le modèle normal de fonctionnement du régime — pas une exception.
Les congés spectacles
C’est l’une des spécificités les moins connues du régime : tes congés payés ne sont pas versés par tes employeurs mais par une caisse dédiée, gérée par Audiens — la Caisse des Congés Spectacles.
Pourquoi une caisse séparée ?
Parce que tu changes d’employeur en permanence. Si chaque employeur devait te payer des congés, tu te retrouverais avec des droits éparpillés sur des dizaines d’employeurs. La caisse centralise tout.
Comment ça fonctionne
Chaque employeur qui te signe un CDDU (de moins de 12 mois) cotise à la Caisse des Congés Spectacles à hauteur de 15,50 % de ton salaire brut (taux 2025-2026, période du 1er avril 2025 au 31 mars 2026). C’est entièrement à la charge de l’employeur — ça ne sort pas de ta paye.
La période de référence des droits à congés est du 1er avril (N) au 31 mars (N+1).
Comment récupérer tes congés
- Fais ta demande à partir de mi-avril chaque année (après la clôture de la période)
- Respecte un délai minimum de 15 jours avant la date souhaitée de prise de congés
- Date limite : 31 mars de l’année suivante. Passé cette date, tu perds définitivement les droits de la période
- La demande se fait en ligne sur l’espace personnel Audiens (avec ton numéro d’immatriculation) ou par courrier à : Audiens — Congés Spectacles – TSA 90406 – 92177 Vanves Cedex
- Le paiement se fait par virement bancaire
À retenir : Des milliers d’euros de congés spectacles sont perdus chaque année parce que les artistes et techniciens ne font pas leur demande avant le 31 mars. C’est de l’argent qui t’appartient — ne le laisse pas sur la table.
Retraite et cotisations avec Audiens
Le régime de retraite complémentaire
Depuis janvier 2019, les régimes AGIRC et ARRCO ont fusionné en AGIRC-ARRCO. Pour les artistes et techniciens du spectacle, c’est Audiens qui centralise et gère l’ensemble des droits à la retraite complémentaire.
Le système fonctionne par points : à chaque cotisation, tu accumules des points. À la retraite, ces points sont multipliés par leur valeur unitaire pour calculer ta pension complémentaire.
Particularité des artistes : l’abattement de 30 %
Les artistes du spectacle bénéficient d’un abattement de 30 % sur leur salaire brut pour le calcul de certaines cotisations (maladie, vieillesse, AT/MP, allocations familiales). Cet avantage historique compense la précarité structurelle du métier.
Attention : Cet abattement ne s’applique pas à la CSG/CRDS.
Principales cotisations (2025)
| Cotisation | Part salarié | Part employeur |
|---|---|---|
| Assurance chômage (annexes 8/10) | 2,40 % | 4,05 % + 5 % spécifique |
| CDDU < 3 mois (majoration) | — | 11,90 % au total |
| Retraite de base (plafonnée) | 4,83 % | 5,99 % |
| Retraite complémentaire T1 (artistes) | 4,44 % | 4,45 % |
| Congés Spectacles | — | 15,50 % |
| CSG déductible | 6,80 % | — |
| CSG non déductible + CRDS | 2,90 % | — |
À retenir : Le taux de cotisation chômage spécifique aux annexes 8/10 est plus élevé que le régime général. C’est ce qui finance le régime intermittent. Pour les CDDU de moins de 3 mois, les employeurs paient une sur-cotisation — incitation à proposer des contrats plus longs.
Ce qui a changé en 2025
La convention 2025-2028
Le 15 novembre 2024, une nouvelle convention d’assurance chômage a été signée pour la période 2025-2028 (entrée en vigueur le 1er janvier 2025, application progressive jusqu’au 1er avril 2025). Bonne nouvelle : les règles des annexes 8 et 10 sont maintenues sans modification substantielle.
Ce qui a changé concrètement
- Âge de maintien des droits : anciennement fixé à 62 ans, désormais aligné sur l’âge légal de départ à la retraite (62 à 64 ans selon l’année de naissance). Un intermittent qui atteint cet âge pendant ses 12 mois d’indemnisation peut maintenir ses droits jusqu’à la liquidation de sa retraite.
- Revalorisation : +1,2 % au 1er juillet 2024, +0,5 % au 1er juillet 2025.
- Seuil d’exonération CSG/CRDS : relevé à 60 €/jour à partir du 1er novembre 2024.
- Contribution employeur réduite à 4 % à partir du 1er mai 2025 (baisse de la cotisation chômage patronale générale).
Ce qui n’a pas changé
- Le seuil des 507 heures : maintenu
- La durée maximale d’indemnisation de 12 mois : maintenue
- Le système des annexes 8 et 10 : maintenu
Les syndicats du spectacle avaient résisté à une tentative patronale de réduire de 15 % les dépenses du régime. Cette réforme restrictive n’a pas eu lieu.
Les erreurs les plus fréquentes
Après des années d’accompagnement d’artistes et de techniciens, voici les erreurs qui coûtent le plus cher.
| Erreur | Conséquence |
|---|---|
| S’inscrire trop tôt ou trop tard à France Travail | La PRA ne couvre pas les 507h, bascule au régime général |
| Intitulé de poste incorrect sur l’AEM | Les heures ne sont pas comptabilisées |
| Code NAF de l’employeur non éligible | Les heures ne comptent pas, même si le poste est correct |
| Employeur sans licence entrepreneur de spectacle | Les heures ne sont pas reconnues |
| Oublier de déclarer des heures dans l’actualisation mensuelle | Heures perdues pour la réadmission, même si l’AEM existe |
| Démissionner d’un CDI avant de basculer en intermittence | 962h requises au lieu de 507h |
| Confondre cachet et heures réelles | 1 cachet = 12h forfaitaires, pas la durée réelle de prestation |
| Ne pas réclamer ses Congés Spectacles avant le 31 mars | Perte définitive des droits de l’année |
| Dépasser le plafond de cumul mensuel | Aucune allocation versée ce mois-là |
| Ne pas vérifier la convention collective appliquée | Cachets sous le minimum conventionnel = redressement URSSAF |
À retenir : La plupart de ces erreurs sont invisibles dans l’instant. Tu ne t’en rends compte que des mois plus tard, quand France Travail t’annonce que tu n’as pas les 507 heures. La prévention vaut 100 fois le rattrapage.
Comment Muzisecur t’aide
Gérer son statut d’intermittent du spectacle, c’est naviguer entre France Travail, Audiens, la Caisse des Congés Spectacles, les AEM, les CDDU, les actualisations mensuelles et les dates anniversaires. Pour un artiste ou un technicien concentré sur son métier, c’est une charge administrative considérable.
C’est exactement pour ça que Muzisecur existe.
Ce que Muzisecur prend en charge
- Vérification de tes droits : on analyse tes AEM, on compte tes heures, on calcule ta PRA avant que tu t’inscrives — pour éviter les mauvaises surprises
- Suivi de ta date anniversaire : on t’alerte bien à l’avance pour que tu ne sois jamais pris de court
- Vérification de tes contrats : on contrôle les intitulés de poste, les codes NAF, les taux de cotisation — tout ce qui peut faire rater une heure
- Congés Spectacles : on gère le dossier Audiens pour que tu ne perdes jamais tes droits au 31 mars
- Actualisation mensuelle : on te rappelle les déclarations et on vérifie leur cohérence avec tes AEM
- Coordination comptable : on fait le lien entre tes revenus d’activité et tes allocations pour optimiser ton cumul
L’objectif est simple : tu fais de la musique, tu joues, tu enregistres — on protège tes droits et on gère l’administratif.
À retenir : Avec Muzisecur, tu ne rates plus une heure, tu ne perds plus de congés spectacles, et tu ne découvres plus à ta date anniversaire que tu es à 15 heures du compte.
FAQ : intermittent du spectacle
C’est quoi exactement le statut d’intermittent du spectacle ?
Ce n’est pas un “statut” au sens juridique, mais un régime spécial d’assurance chômage (annexes 8 et 10 de la convention UNEDIC) qui permet aux salariés du spectacle travaillant en contrats courts (CDDU) d’être indemnisés entre leurs missions. Tu restes salarié à part entière — avec cotisations retraite, Sécurité sociale et congés payés.
Qui peut être intermittent du spectacle ?
Tout salarié travaillant dans le secteur du spectacle (vivant, audiovisuel, cinéma) sous CDDU, occupant un poste reconnu dans les annexes 8 (techniciens) ou 10 (artistes), et justifiant de 507 heures dans les 365 jours précédant sa dernière fin de contrat.
Combien d’heures faut-il pour ouvrir ses droits ?
507 heures sur les 365 jours précédant ta dernière fin de contrat éligible. Pour les artistes (annexe 10), l’équivalent est 43 cachets (43 × 12h = 516h).
Combien de temps durent les droits ?
12 mois maximum (365 jours). À ta date anniversaire, tu dois avoir accumulé 507 nouvelles heures pour être réadmis. Si tu ne les as pas, tu bascules sur le régime général d’assurance chômage.
Combien touche-t-on en tant qu’intermittent ?
L’allocation journalière est calculée selon une formule personnalisée (A + B + C) basée sur tes salaires et ton volume d’heures. Elle est comprise entre 38 €/jour (plancher annexe 8) et 174,80 €/jour (plafond). En moyenne, les intermittents perçoivent entre 1 300 € et 1 400 € par mois en cumulant salaires et allocations.
Peut-on travailler et toucher l’allocation en même temps ?
Oui, c’est même la norme : 95 % des intermittents cumulent activité et indemnisation au cours d’une année. Les jours travaillés réduisent proportionnellement les jours indemnisés (formule de déduction basée sur les heures), dans la limite d’un plafond mensuel de 4 325,88 € (2025).
Qu’est-ce que la date anniversaire ?
C’est la date à laquelle France Travail réévalue tes droits. Elle correspond aux 12 mois suivant l’ouverture de tes droits. À cette date, si tu as accumulé 507 nouvelles heures sur les 12 mois précédents, tu es réadmis pour 12 mois supplémentaires.
C’est quoi un cachet ?
Un cachet est l’unité de rémunération des artistes interprètes (annexe 10). C’est un forfait — peu importe la durée réelle de la prestation. Pour France Travail, 1 cachet = 12 heures. Tu peux recevoir plusieurs cachets le même jour, auprès d’employeurs différents.
Qu’est-ce que les congés spectacles ?
Les congés payés des intermittents ne sont pas versés par l’employeur mais par une caisse dédiée gérée par Audiens. L’employeur cotise à hauteur de 15,50 % du salaire brut à cette caisse. Chaque année, tu dois réclamer tes congés avant le 31 mars — passé ce délai, tu perds les droits de la période.
Quelle est la différence entre annexe 8 et annexe 10 ?
L’annexe 8 couvre les techniciens et ouvriers (rémunérés à l’heure), l’annexe 10 couvre les artistes interprètes (rémunérés au cachet). Les deux donnent accès au même régime d’assurance chômage, avec des paramètres légèrement différents (plancher de l’AJ, formule de calcul).
Peut-on être artiste ET technicien, et cumuler les deux annexes ?
Non, tu ne peux pas cumuler les deux annexes simultanément. France Travail examine tes contrats et détermine sous quelle annexe tu relèves majoritairement. Si tu exerces les deux types d’activités, les heures sont généralement comptabilisées sous l’annexe de ta dernière activité ouvrant des droits.
L’inscription est-elle payante ?
Non, l’inscription à France Travail est gratuite. Les cotisations chômage sont prélevées sur les salaires au moment des contrats (2,40 % salarié, ~9 % employeur). Il n’y a aucun frais d’adhésion.
Que se passe-t-il si je n’ai pas mes 507 heures à la date anniversaire ?
Tu bascules sur le régime général d’assurance chômage. Si tu as suffisamment cotisé au régime général par ailleurs, tu peux avoir des droits. Sinon, tu n’es pas indemnisé. C’est le “trou” que redoutent les intermittents — raison de plus pour surveiller ses heures tout au long de l’année.
Puis-je être à la fois intermittent du spectacle et auto-entrepreneur ?
Oui, mais avec prudence. L’activité d’auto-entrepreneur doit être déclarée à France Travail. Les revenus perçus en tant qu’auto-entrepreneur sont déduits des allocations selon des règles spécifiques. En revanche, les heures réalisées en auto-entrepreneur ne comptent pas dans les 507 heures (qui ne comptabilisent que les heures salariées en CDDU).
Y a-t-il un minimum de cachets différent selon les conventions collectives ?
Oui. Les montants minimaux varient selon la convention collective applicable (spectacle vivant privé, production phonographique, audiovisuel, etc.). En règle générale, le minimum tourne autour de 106 à 160 € par cachet. Certaines conventions prévoient des minimums plus élevés. Vérifier la convention applicable à chaque contrat est essentiel.
Comment Muzisecur peut-il m’aider concrètement ?
Muzisecur assure le suivi de ta date anniversaire, vérifie tes AEM, contrôle tes contrats (intitulés, NAF, cotisations), gère tes dossiers de congés spectacles avec Audiens et coordonne tes déclarations mensuelles à France Travail. Tu n’as plus à gérer l’administratif — tu te concentres sur ta musique.
Conclusion
Le régime d’intermittent du spectacle est l’un des systèmes de protection sociale les plus adaptés à la réalité du travail dans la culture. Il reconnaît la discontinuité inhérente au secteur et permet à des artistes et techniciens de vivre de leur métier sans subir la précarité à plein. Mais il est aussi l’un des régimes les plus techniques : la règle des 507 heures, les franchises, les dates anniversaires, les cachets, les congés spectacles — chaque détail compte.
Pour résumer :
- Tu es technicien → annexe 8, compte tes heures réelles
- Tu es artiste interprète → annexe 10, compte tes cachets (43 minimum)
- Tu as 507h sur 365 jours → ouvre tes droits, anticipe ta date anniversaire
- Tu veux tout déléguer → confie ton suivi à Muzisecur
Ne laisse pas l’administratif t’empêcher de bénéficier de droits que tu as légitimement gagnés. Chaque heure compte, chaque cachet compte, chaque demande de congés spectacles compte. Et si tu as le moindre doute sur ton décompte d’heures ou ta situation, agis maintenant — pas à la veille de ta date anniversaire.